Bouillons cubes : de quoi sont-ils vraiment composés et sont-ils encore bons pour la santé ?

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Un simple petit cube, et tout votre plat change de goût. Pratique, rapide, presque magique. Mais que cache vraiment ce bouillon cube que vous faites fondre sans y penser dans vos soupes, vos pâtes, vos sauces ? Et surtout, est-il encore bon pour votre santé ou faudrait-il le laisser au fond du placard ?

De quoi est vraiment composé un bouillon cube ?

Quand vous lisez l’étiquette d’un bouillon cube, une chose saute aux yeux. Le premier ingrédient n’est pas le poulet, le bœuf ou les légumes. C’est le sel.

En moyenne, 100 g de bouillon cube contiennent autour de 48 g de sel. Un cube pèse souvent 10 g. Cela signifie qu’un seul cube peut apporter environ 5 g de sel. Soit, à lui tout seul, la quantité maximale recommandée par l’Organisation mondiale de la santé pour une journée entière.

À côté du sel, on retrouve aussi souvent :

  • des sucres ajoutés (saccharose, sirop de glucose) pour adoucir l’amertume,
  • des graisses végétales, en particulier de l’huile de palme,
  • des arômes et parfois des arômes dits « naturels »,
  • des additifs (exhausteurs de goût, colorants, émulsifiants, conservateurs).

Au final, il y a peu de viande ou de légumes dans un cube standard. Vous achetez surtout du sel, des graisses bon marché et des arômes fabriqués.

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Pourquoi les bouillons cubes posent problème pour la santé ?

Un excès de sel… en un seul geste

En France, la consommation moyenne de sel dépasse 9 g par jour chez l’adulte. Pourtant, la limite conseillée est de 5 g. La plupart de ce sel ne vient pas de la salière. Il vient des aliments transformés : pain, fromages, charcuteries, plats préparés, sauces… et bouillons cubes.

Manger trop salé favorise :

  • la rétention d’eau,
  • l’hypertension artérielle,
  • le risque de maladies cardiovasculaires.

Quand vous ajoutez un cube standard dans un plat déjà salé par les autres ingrédients, vous approchez très vite du seuil maximal recommandé. Sans même vous en rendre compte.

Des sucres cachés là où on ne les attend pas

On ne pense pas à chercher du sucre dans un bouillon cube. Pourtant, il y en a souvent. Sous forme de saccharose ou de sirop de glucose. Les quantités sont plus faibles que pour le sel, mais elles s’ajoutent à tous les autres sucres de la journée.

À la longue, ce sucre caché participe aussi aux risques d’obésité et de diabète de type 2, surtout si l’on consomme beaucoup de produits transformés.

Des produits ultratransformés, pauvres en vrais nutriments

Les bouillons cubes font partie des aliments ultratransformés. Ils passent par plusieurs étapes industrielles. Ils perdent une grande partie de leurs nutriments naturels. On y retrouve très peu de fibres, de vitamines, de minéraux protecteurs.

Plusieurs études associent une consommation élevée d’aliments ultratransformés à une hausse du risque de certaines maladies cardiovasculaires et de cancers. On ne parle pas ici d’un seul cube pris une fois, mais d’une habitude installée, jour après jour.

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Additifs, glutamate, colorants : faut-il s’inquiéter ?

Le glutamate (E621) et les personnes sensibles

Beaucoup de bouillons, surtout de bœuf ou de volaille, contiennent du glutamate monosodique (E621). C’est un exhausteur de goût. Il donne ce côté « umami », très agréable en bouche.

Chez certaines personnes sensibles, ce glutamate peut provoquer des maux de tête, des bouffées de chaleur, des nausées. Tout le monde ne réagit pas de la même façon. Mais si vous vous sentez mal après un plat très « relevé » au cube, ce suspect mérite d’être testé.

Colorants, conservateurs et autres additifs

Pour donner une belle couleur dorée ou brune, certains bouillons contiennent des colorants issus de procédés avec de l’ammoniaque. Certaines études questionnent leurs effets potentiellement cancérogènes à fortes doses.

À cela s’ajoutent des conservateurs, des émulsifiants, des arômes artificiels. Pris séparément, chaque additif est réglementé. Mais c’est l’effet cumulatif, sur des années, qui interroge les chercheurs. Et qui pousse de plus en plus de nutritionnistes à recommander de limiter ces produits au quotidien.

Et l’huile de palme dans tout ça ?

Dans beaucoup de cubes, l’ingrédient gras principal est l’huile de palme. Elle donne une texture compacte et évite que le cube ne fonde trop vite.

Le problème, c’est que cette huile est riche en acides gras saturés. Consommée régulièrement en grande quantité, elle peut :

  • augmenter le « mauvais » cholestérol (LDL),
  • favoriser la prise de poids,
  • accroître le risque de maladies cardiovasculaires.

Et il y a aussi l’impact environnemental. Les grandes plantations de palmiers à huile entraînent la déforestation et la disparition d’habitats d’espèces animales fragiles. En choisissant d’autres sources de goût, vous agissez aussi, un peu, pour la planète.

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Peut-on encore utiliser des bouillons cubes sans danger ?

Faut-il jeter tous vos cubes à la poubelle ? Pas forcément. Mais il est sage de les utiliser avec beaucoup de modération.

  • Divisez par deux la dose recommandée sur l’emballage.
  • Diluez un cube dans 2 litres d’eau au lieu d’1 litre.
  • Ne rajoutez presque pas de sel en plus dans le plat.
  • Réservez-les pour des usages occasionnels, pas pour tous les repas.

Et surtout, lisez bien la liste des ingrédients. Certains bouillons sont un peu mieux formulés : moins salés, sans glutamate ajouté, sans colorant. Ce n’est pas parfait, mais déjà plus raisonnable.

Quelles alternatives naturelles pour remplacer les bouillons cubes ?

Les herbes et épices : votre premier allié

Pour donner du goût, vous n’avez pas forcément besoin d’un cube. Vous pouvez jouer avec les herbes aromatiques et les épices. C’est simple, peu coûteux et bien meilleur pour la santé.

  • Pour les pâtes ou le riz : ail, laurier, thym, poivre, huile d’olive.
  • Pour les soupes : persil, ciboulette, curry, curcuma, cumin.
  • Pour les ragoûts : romarin, sauge, paprika, graines de coriandre.

Un oignon revenu doucement dans un peu d’huile, une gousse d’ail écrasée, quelques herbes fraîches. Et vous obtenez déjà une base aromatique très riche, sans additifs.

Recette : un bouillon de légumes maison très simple

Faire son bouillon maison semble long. En réalité, c’est surtout une question d’organisation. Voici une base pour 2 litres de bouillon.

  • 2 carottes (environ 200 g)
  • 2 branches de céleri (environ 150 g)
  • 1 poireau moyen (environ 150 g)
  • 1 oignon (environ 100 g)
  • 2 gousses d’ail
  • 2 brins de thym
  • 2 feuilles de laurier
  • 5 brins de persil
  • 1 c. à soupe d’huile d’olive (environ 10 ml)
  • 1 à 2 pincées de sel fin (2 à 3 g au total, pas plus)
  • 10 grains de poivre noir
  • 2 litres d’eau

Préparation :

  • Lavez et coupez les légumes en gros morceaux.
  • Faites-les revenir 5 minutes dans l’huile, à feu moyen, sans les faire brûler.
  • Ajoutez l’eau, les herbes, le poivre et le sel.
  • Portez à frémissement et laissez cuire 45 minutes à 1 heure.
  • Filtrez. Votre bouillon est prêt.

Vous pouvez ensuite le répartir dans un bac à glaçons ou de petits contenants. Congelez. Vous aurez vos « cubes » maison, sans excès de sel ni additifs.

Recette : un bouillon de poulet ou de viande maison

Ne jetez plus les carcasses de poulet ou les os de viande. Ils sont parfaits pour un bouillon riche en minéraux.

  • 1 carcasse de poulet cuit (environ 400–500 g) ou 500 g d’os de bœuf
  • 1 carotte (100 g)
  • 1 poireau (150 g)
  • 1 oignon (100 g)
  • 2 gousses d’ail
  • 2 feuilles de laurier
  • 2 brins de thym
  • 5 brins de persil
  • 1 à 2 pincées de sel (2 à 3 g)
  • 10 grains de poivre
  • 2 à 2,5 litres d’eau

Préparation :

  • Placez les os ou la carcasse dans une grande marmite.
  • Ajoutez les légumes grossièrement coupés et les herbes.
  • Couvrez d’eau froide.
  • Portez à frémissement puis baissez le feu.
  • Laissez mijoter au moins 1 h 30. Écumez si nécessaire.
  • Salez en fin de cuisson, goûtez, ajustez.
  • Filtrez. Laissez refroidir.

Une fois froid, vous pouvez retirer la couche de gras en surface si vous souhaitez un bouillon plus léger. Là encore, pensez au congélateur pour des portions prêtes à l’emploi.

Comment faire la transition dans votre cuisine ?

Changer ses habitudes ne se fait pas en un jour. Vous pouvez procéder par petites étapes.

  • Commencez par réduire la quantité de cubes dans vos recettes.
  • Ajoutez systématiquement une ou deux herbes fraîches en plus.
  • Testez un plat par semaine sans cube, avec uniquement un bouillon maison ou de l’eau parfumée aux épices.
  • Préparez un grand volume de bouillon un jour de repos, puis congelez en portions.

Au fil du temps, votre palais s’habitue à des goûts moins salés, plus subtils. Vous redécouvrez le vrai goût des légumes, des céréales, des viandes. Et votre corps aussi vous dit merci.

En résumé : le bouillon cube, un dépanneur, pas un réflexe

Les bouillons cubes restent pratiques. Mais ils sont très salés, ultratransformés, souvent riches en huile de palme et additifs. Utilisés tous les jours, ils pèsent sur votre santé cardiovasculaire et augmentent votre exposition globale aux produits transformés.

En les réservant aux vraies situations de dépannage, en diminuant les doses et en développant vos propres bouillons maison, vous gardez le plaisir du goût. Tout en protégeant votre cœur, votre tension et, au passage, l’environnement. Une petite décision dans la cuisine, mais qui peut faire une grande différence sur le long terme.

Marine Roussel
Marine Roussel

Marine Roussel est cheffe cuisiniere et consultante en restauration basee dans la vallee de Chevreuse. Diplomee de l’Institut Paul Bocuse, elle a travaille plus de 12 ans en bistronomie parisienne avant d’accompagner des pizzerias artisanales sur leurs cartes et leur organisation. Specialiste des pates fermentees longues et des accords entre produits locaux et inspirations italiennes, elle explore aussi les liens entre gastronomie, art de vivre a la maison et tourisme gourmand. Sur Casa Del Pizza Chevreuse, elle partage son experience du terrain pour valoriser une cuisine accessible, genereuse et ancree dans son terroir.

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